La formule aseptisée de la rencontre, au cours de laquelle les candidats n’étaient pas autorisés à s’interpeller les uns les autres, n’a pas donné lieu à de réels débats. Ceux-ci ont dû se limiter à répondre tour à tour aux questions de l’animateur tirées des suggestions soumises sur le web par le public. Pas de gagnant clair et peu de surprises durant ce débat, à part peut-être les positions surprenantes du candidat conservateur Claude Leclair qui a prôné l’ « open business » et le désengagement à tout crin de l’État tout au long de la soirée.
Les interventions de la caquiste Nathalie Roy ont toutefois semblé enthousiasmer davantage l’auditoire composé en partie de membres de la communauté d’affaires -un terreau jugé fertile pour les idées de la CAQ-que les prises de position de ses adversaires.
Les positions de la péquiste Monique Richard et du solidaire David Fortin-Côté dans le dossier du boisé des Hirondelles ont également recueilli de francs applaudissements de la part de l’auditoire qui comptait des militants en faveur de la protection du boisé des Hirondelles. M. Fortin-Côté est le seul candidat à avoir affirmé d’office qu’un gouvernement solidaire annexerait le boisé au parc national.
Sur cette question, ni Nathalie Roy ni la libérale Nicole Girard ne se sont avancées, rappelant que le dossier est aujourd’hui judiciarisé. Nathalie Roy s’est par contre permis d’affirmer qu’elle respecterait la recommandation du ministère de l’Environnement dans ce dossier.
Le représentant du Parti conservateur a pour sa part défendu le droit de propriété du promoteur du Domaine de La Futaie qu’il considère comme inaliénable. M. Leclair a profité de sa tribune pour dénoncer les invectives dont il dit avoir été victime lorsqu’il a défendu la position du propriétaire, le sénateur Paul J. Massicotte, lors d’une séance du conseil municipal de Saint-Bruno.
Autre proposition étonnante de ce candidat-ovni, M. Leclair a suggéré qu’un appel d’offres international soit lancé pour vendre l’aéroport de Saint-Hubert au plus offrant. Du même souffle, il a proposé avec une pointe d’ironie que l’aéroport soit transformé en parc s’il ne trouvait pas acheteur.
Moment comique : l’une des questions de l’animateur a porté sur un rapport abordant le problème de la lourdeur bureaucratique pour les PME dont aucun des aspirants au poste de député n’avait même jamais entendu parler, ce qui a déclenché les rires de l’auditoire.
